Une étude CoinShares, réalisée avec Vardaxoglou Advisory, a posé la question aux clients eux-mêmes. Entre le 11 mai et le 5 juin 2026, 2 230 particuliers fortunés aux États-Unis, au Royaume-Uni, en France, en Allemagne, en Italie, en Suède et en Suisse, tous disposant d’au moins 500 000 $ d’actifs investissables, ont été interrogés sur leur manière d’investir dans les actifs numériques, leurs motivations et leurs attentes vis-à-vis de leur gestionnaire de patrimoine. Il s’agit de l’une des plus vastes études jamais menées auprès d’investisseurs fortunés sur cette classe d’actifs, et du pendant de l’étude CoinShares et Citywire réalisée auprès de 261 gestionnaires de patrimoine européens, publiée plus tôt cette année.
Ce que montrent les données
- L’adoption est un comportement majoritaire, avec un poids institutionnel. Plus de la moitié des investisseurs fortunés détiennent des actifs numériques sur chacun des marchés étudiés, jusqu’à environ 70 % aux États-Unis, au Royaume-Uni, en Allemagne et en Suisse. Parmi les détenteurs, les allocations se concentrent étroitement autour de 10 % du portefeuille, un niveau comparable à celui du capital-investissement. Cette conviction est explicite : 77 % estiment que le Bitcoin jouera un rôle important dans le futur système financier mondial et 79 % y voient une réserve de valeur fiable à long terme. Sur cinq marchés, plus de 85 % des détenteurs prévoient d’accroître leur exposition en 2026, une position qui a tenu malgré le repli de février.
- Une logique de portefeuille stratégique, et non spéculative, guide l’allocation. Parmi les investisseurs fortunés détenteurs d’actifs numériques, l’appréciation du capital à long terme et la diversification du portefeuille constituent la première motivation, citée par environ quatre sur dix. L’intérêt pour la technologie elle-même arrive en deuxième position, la spéculation se situant très loin derrière. L’accès s’institutionnalise au même rythme : les ETP, les plateformes de courtage et la conservation déléguée captent 55 % des préférences, contre 45 % pour les bourses spécialisées crypto. Dans l’étude Citywire précédente, les conseillers citaient le caractère spéculatif des cryptos (52 %) parmi les principales raisons d’hésitation de leurs clients. Les raisons déclarées par les clients eux-mêmes sont assez différentes.
- Les conseillers financiers jugés la voix la plus fiable, et la demande reste insatisfaite. Les gestionnaires de patrimoine sont la source d’information la plus fiable sur les actifs numériques sur chaque marché étudié, choisis par plus de 50 % des répondants en moyenne. Pourtant, 88 % des investisseurs fortunés disent ne pas avoir les connaissances pour investir en pleine confiance, et entre 27 % et 44 % des détenteurs souhaitent un conseiller en actifs numériques mais n’en ont pas. Parmi eux, 98 % seraient prêts à payer pour ce service. Ce qu’ils recherchent : l’accès à des véhicules conformes et des conseils en allocation, plutôt que de la formation, qui arrive relativement bas dans la plupart des marchés.
- Le contexte macroéconomique dicte les décisions, et les investisseurs réclament davantage de régulation. Les facteurs économiques, comme les taux d’intérêt (47 %) et les mutations structurelles de l’ordre économique mondial (41 %), l’emportent sur l’analyse technique (36 %) sur tous les marchés. Les investisseurs fortunés évaluent désormais les cryptos à peu près comme les actions ou les matières premières, ce qui déplace la question de l’expertise crypto vers le jugement de portefeuille. La régulation va dans le même sens : près de quatre sur cinq sont favorables à un durcissement des règles pour cette classe d’actifs, et l’agenda pro-crypto de l’administration américaine est perçu comme un signal de légitimation plus fort que MiCA.
- Le clivage générationnel va dans un seul sens. À l’approche d’un transfert de patrimoine estimé à 84 000 milliards de dollars, les investisseurs de 18 à 44 ans allouent environ deux fois plus de leur portefeuille aux actifs numériques que ceux de 45 ans et plus aux États-Unis, au Royaume-Uni, en Italie et en Suède, et sont plus susceptibles d’accroître leur exposition en 2026 sur tous les marchés. Ils sont aussi environ 20 points plus nombreux à rechercher un conseiller expert en cryptos aux États-Unis, au Royaume-Uni et en Allemagne, et plus disposés à payer une prime pour cela. Les clients qui hériteront de ce capital choisissent déjà selon ce critère.
Le rapport complet propose une analyse par marché pour les sept pays étudiés, des comparaisons entre générations et une analyse détaillée de ce que les investisseurs à patrimoine élevé attendent de leur gestionnaire de patrimoine.
