31 juillet 2026     |

Derrière le minage de Bitcoin : entreprises et infrastructures réelles

Written by CoinShares

Dans notre précédent article, nous avons suivi le parcours d’un paiement jusqu’à son bloc, avec une idée centrale : l’énergie consommée par le minage de Bitcoin n’est pas du gaspillage, c’est le budget de sécurité d’un réseau monétaire. Une question évidente restait en suspens. Qui paie la facture ?

Une industrie avec pignon sur rue

Oubliez l’image de l’adolescent qui mine dans le garage familial. Les machines appartiennent aujourd’hui, pour l’essentiel, à des entreprises qui ont un nom, un ticker et des publications de résultats. Les États-Unis concentrent environ 38 % de la capacité mondiale de minage1, et des sociétés comme MARA Holdings, Riot Platforms, CleanSpark, Cipher Mining, IREN ou TeraWulf sont cotées en bourse. Elles construisent des centres de données géants, négocient des contrats d’électricité de long terme, exploitent du matériel spécialisé et publient des comptes audités.

Pour bien les comprendre, une grille de lecture suffit : les mineurs de bitcoin sont des énergéticiens payés en bitcoin. Leurs revenus sont en bitcoin, leurs coûts en électricité. Cette particularité en fait d’ailleurs des alliés inattendus des réseaux électriques : le minage pouvant s’arrêter en quelques secondes sans casse, les mineurs texans coupent régulièrement leurs machines lors des pics de consommation et rendent l’électricité au réseau au moment précis où les ménages en ont besoin.

Le chiffre qui fait la pluie et le beau temps

Chaque industrie de matières premières vit au rythme d’un prix. Pour les pétroliers, c’est le baril. Pour les mineurs, c’est le hashprice : le revenu quotidien tiré d’une unité de puissance de calcul. En juillet 2026, il flirte avec ses plus bas depuis plusieurs années, autour de 30 $ par petahash et par jour.2 Inconfortable pour le secteur, mais c’est justement ce qui le rend lisible pour un public financier : la baisse du hashprice ne touche pas tout le monde de la même façon. Ceux qui disposent d’une électricité bon marché et de machines performantes gardent de la marge ; les autres débranchent. Comme partout dans les matières premières, la survie se joue sur la courbe de coûts.

Une infrastructure qui vaut plus que le bitcoin

La meilleure preuve que les mineurs ont bâti quelque chose de solide ? Les géants de la tech se le louent désormais. Un site de minage, c’est du foncier, des raccordements au réseau, des gigawatts d’électricité sous contrat et du refroidissement industriel : très exactement ce dont l’économie de l’IA a besoin, et qu’elle ne parvient pas à construire assez vite. En deux ans, les mineurs cotés ont signé 17 contrats d’IA et de calcul haute performance pour plus de 110 milliards de dollars, soit environ 6 GW de puissance réservée par les hyperscalers.3 En juillet 2026, TeraWulf a conclu un bail de 20 ans d’environ 19 milliards de dollars avec le développeur d’IA Anthropic ;4 IREN, un accord de 9,7 milliards de dollars pour fournir de la capacité cloud IA à Microsoft ;5 Cipher Mining, un bail d’environ 5,5 milliards de dollars sur 15 ans avec Amazon Web Services.6

Les mineurs n’abandonnent pas le bitcoin pour autant. Simplement, l’infrastructure construite pour le miner s’est trouvé un second client, et ce client est l’une des industries à la croissance la plus fulgurante au monde.

Ce qu’il faut en retenir côté finance

Une fois le jargon crypto mis de côté, le tableau devient familier : un secteur industriel énergivore, une courbe de coûts typique des matières premières, des actifs tangibles, de vraies contreparties et une seconde activité en plein essor. Bref, un secteur qui s’analyse comme n’importe quel autre : coûts, marges, discipline du capital, clients.

Le minage de Bitcoin est né d’un problème cryptographique. Dix-sept ans plus tard, c’est aussi une économie bien réelle, faite d’entreprises, d’emplois, de centrales électriques et de centres de données. Les machines qui devinaient des nombres dans la première partie ont, en réalité, des bailleurs, des créanciers et des actionnaires. Mieux vaut le savoir avant que le secteur ne s’invite dans un portefeuille près de chez vous.

Sources

1 Cambridge Centre for Alternative Finance, Bitcoin Mining Map.

2 Hashrate Index, juillet 2026.

3 Analyse Bernstein, rapportée par Decrypt, juin 2026 : 17 contrats pour plus de 110 Md$ signés par des mineurs de bitcoin avec des hyperscalers de l’IA en deux ans, soit environ 6 GW de puissance sous contrat.

4 CoinDesk, 6 juillet 2026 : bail de 20 ans d’environ 19 Md$ entre TeraWulf et Anthropic pour un centre de données IA.

5 Bloomberg / CoinDesk, 3 novembre 2025 : Microsoft signe un contrat cloud IA de 9,7 Md$ avec IREN.

6 CoinDesk, 3 novembre 2025 : accord d’environ 5,5 Md$ sur 15 ans entre Cipher Mining et AWS.

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